Présentation de David Freymond, nouveau pasteur de l’esprit sainf
Après le ministère fécond et inspirant du pasteur Jean-François Ramelet, qui a été à l’origine de la création de ce lieu et en a accompagné avec conviction les premières années, je mesure la chance qui m’est donnée de prendre aujourd’hui le relais. Je tiens ici à lui adresser ma profonde reconnaissance pour ce qu’il a fait naître et pour la belle intuition ecclésiale, spirituelle et culturelle qu’il a portée.
Prendre la suite ne signifie évidemment pas recommencer à zéro. Un lieu comme celui-ci possède déjà une histoire, des visages, des habitudes, des fidélités, des projets et une identité qui se sont construits au fil des années. Je souhaite entrer dans cette histoire avec respect et gratitude, mais aussi avec le désir de poursuivre le chemin, en me laissant surprendre par ce que nous pourrons imaginer ensemble.
Pour moi aussi, cette arrivée ouvre un nouveau chapitre. Après vingt-huit années de ministère pastoral en paroisse, le moment m’a paru venu, au terme d’un temps de discernement spirituel, d’orienter mon engagement vers une nouvelle étape de mon parcours. Le goût du culte, de la prédication et de l’accompagnement spirituel demeure profondément vivant en moi. Mais j’éprouve aujourd’hui le désir de les déployer dans un cadre différent de celui de la paroisse traditionnelle, au cœur de la cité et dans un dialogue plus direct avec le monde culturel.

Mon parcours m’a conduit, après des études de théologie à Lausanne et une licence obtenue en 1998, à exercer mon ministère successivement à Gland, à Crassier dans la paroisse de la Dôle, à La Sarraz, puis à Pully-Paudex dès 2014. J’ai également eu la joie de participer à la vie de notre Église à travers la Commission de consécration, puis comme vice-président et président du Synode. Né à Lausanne en 1973, je suis marié à Mélanie et nous avons deux enfants, Jean-Baptiste et Eléonore.
Si je me réjouis autant de rejoindre l’esprit sainf c’est que ce lieu correspond à un désir mûri au fil des années : contribuer à un dialogue fécond entre la foi chrétienne, la théologie, la spiritualité et la culture au sens large.
Je crois qu’un tel lieu est appelé à tenir ensemble deux dimensions qui, loin de s’opposer, se nourrissent l’une l’autre. Il doit être un espace spirituel vivant, enraciné dans l’Évangile, où la Parole est proclamée, où l’on prie et où l’on célèbre. Mais il doit aussi être un lieu largement ouvert sur la ville et sur la société, attentif aux questions, aux recherches et aux inquiétudes qui traversent notre époque.
Dans une société marquée à la fois par la sécularisation et par une quête renouvelée de sens, l’Église ne peut pas se concevoir comme un espace replié sur lui-même. Elle est appelée à demeurer un lieu de rencontre et de dialogue, où la foi chrétienne accepte de se laisser questionner par le monde contemporain et où, en retour, une parole autre peut être offerte à celles et ceux qui cherchent, doutent, créent ou espèrent.
C’est notamment là que je vois une belle place pour les artistes et les acteurs culturels. L’art peut déplacer notre regard, ouvrir des brèches, faire surgir des questions et rendre perceptible ce qui échappe parfois aux discours. J’aimerais beaucoup pouvoir, avec les artistes, les créateurs, les penseurs et toutes celles et ceux qui font vivre la culture, développer des projets qui permettent cette rencontre entre l’Évangile et les langages multiples de notre temps.
Mais ce ministère, je ne le conçois surtout pas comme l’aventure d’un pasteur travaillant seul. L’esprit sainf existe déjà grâce à celles et ceux qui la font vivre. Je me réjouis donc particulièrement de travailler avec vous, les bénévoles, les collaboratrices et collaborateurs, les artistes et tous ceux qui contribuent, souvent avec générosité et discrétion, à faire de ce lieu ce qu’il est aujourd’hui.
Je souhaite travailler avec vous et apprendre de vous. Votre expérience, vos idées, votre créativité, vos intuitions et aussi vos questions seront précieuses. Il ne s’agit pas pour moi d’arriver avec un projet tout fait, mais d’écouter, de discerner et d’imaginer ensemble ce que nous pouvons faire vivre ici. Un lieu ecclésial vivant se construit moins à partir d’un programme arrêté que par des rencontres, des collaborations, des initiatives partagées et la confiance faite aux personnes qui s’y investissent.
Cette dimension collective me paraît d’autant plus importante que je conçois cette oasis dans la ville comme un lieu d’hospitalité. Un lieu où l’on puisse entrer sans devoir d’abord montrer patte blanche ; où croyants, chercheurs de sens, artistes, curieux et personnes simplement de passage puissent se rencontrer. L’ouverture ne signifie pas dilution du message chrétien. Au contraire, c’est parce que le Christ et l’Évangile demeurent au centre que nous pouvons accueillir largement, écouter véritablement et nous laisser aussi questionner par celles et ceux que nous rencontrons.
Dans cet esprit, la célébration et le partage de la table gardent pour moi une place essentielle. La pratique de l’hospitalité eucharistique me tient à cœur : elle exprime concrètement une Église qui accueille avant de distinguer, qui rassemble avant de séparer et qui témoigne d’une grâce offerte plutôt que réservée.
C’est donc avec beaucoup de reconnaissance pour le chemin parcouru, de confiance dans celles et ceux qui font vivre ce lieu et de curiosité pour ce que nous pourrons construire ensemble que je rejoins l’esprit sainf.
Je reçois cette nouvelle étape comme un nouvel élan : une manière de rester fidèle à ce qui a profondément nourri mon ministère tout en explorant, avec d’autres, des formes renouvelées de présence de l’Église au cœur de la cité.
Je me réjouis de vous rencontrer, de vous écouter et, avec vous, de continuer à faire vivre cette oasis au cœur de la ville.
David Freymond, pasteur


