À LA VIE !
On aime à dire que la mort est la seule chose dont l’humain soit sûr. À la naissance, on donne à la fois et la vie et la mort. Notre finitude est notre horizon. Pour certains, ce face-à-face avec elle, est ce qui nous différencie de l’animal qui vit la plupart du temps sans savoir qu’il devra un jour affronter les heures décisives qui le feront basculer de vie à trépas.
Comment affronter cette certitude ? Nous développons des stratégies d’évitement pour ne pas trop y penser. Pascal écrira que nul ne peut échapper au divertissement qui nous évite de penser à notre finitude. L’une des stratégies que notre société a trouvées est de la passer sous silence. On ne veille plus nos morts ; on ne porte plus le deuil, les convois funéraires évitent de perturber le trafic. La mort est invisibilisée.
La « Maisonnette des morts » est une manière de redonner sa place à la mort dans nos vies avec douceur, poésie, légèreté et profondeur. C’est pour cela que le Conseil de l’esprit sainf a donné son accord pour accueillir ce « cabaret mortel ». Suspendue dans la chapelle de Billens à Saint-François, le squelette d’une vachette interroge la part d’animalité qui est en nous. Les chansons, les poèmes, les jeux d’ombres portées évoquent la « camarde » avec tendresse et délicatesse. À trois reprises, la performance, sera suivie de « bords de scène » pour donner la parole à des invités et aux spectateurs présents.
La maisonnette des morts, une manière de célébrer la vie !
Jean-François Ramelet Pasteur responsable de l’esprit sainf
Maisonnette des morts est une oeuvre d’art vivant autour de la mort. Elle relève de la performance musicale, poétique, du rituel, et de l’installation plastique. Elle se présente sous des formes successives, dites 1ère planche, 2e planche, etc, en des lieux divers. Construite de bric et de broc, comme une cabane d’enfants, cette maisonnette est constituée de chansons et de poèmes des 2000 dernières années.
En tant qu’oeuvre, Maisonnette des morts aspire à faire sentir comment la contemplation de la mort peut rendre chacune et chacun disponible à une existence plus heureuse. Sans nier la tristesse, ni l’effroi. La 3e planche, présentée en février 2026 à l’Eglise Saint-François de Lausanne, apparaît comme une installation demeurant en place deux semaines. Par 6 fois elle deviendra le lieu d’une performance.
Jovialité. Gravité. Bonté. Point de vaine tristesse.
Une 4e planche devrait prendre vie à l’hiver 2026-2027 dans les galeries du Naturéum de Lausanne.
FRANCESCO BIAMONTE
Entre scène et son, Francesco Biamonte explore des formes éclectiques, comme chanteur, comédien, performeur, et à travers les spectacles qu’il conçoit. II a collaboré notamment avec les frères Décosterd (Cod.Act) de Rio à Tokyo, avec l’ensemble Boulouris, la compagnie de théâtre d’ombres Controluce (Turin), la compagnie de danse Linga (Lausanne), en France, en Allemagne, en Italie et en Suisse. Le Monde a qualifié ses essais radiophoniques Quoi (sur RTS-Espace2 et RTBF -Musiq3), de « miracles ». La Maisonnette des morts est peut-être son projet le plus intime.
SOPHIE GUYOT
Sophie Guyot est plasticienne. Après une formation en histoire de l’art à l’Université de Lausanne, elle se lance en autodidacte dans des réalisations autour de la lumière. Qu’il s’agisse de projets à grande échelle ou de taille plus modeste, elle transforme cette matière et la rend proche du spectateur. Son travail se penche sur le rapport indéfectible de l’humain avec son biotope, clin d’oeil fraternel à la nature et métaphore filée de la condition humaine.
ANTONIO ALBANESE
Après ses études au Conservatoire de Lausanne, Antonio Albanese rejoint le programme de Master de la Manhattan School of Music à New York. Au sein de différents ensembles de musique de chambre (compagnie CH.AU, degré21, Ensemble baBel), il a participé à la création de nombreuses oeuvres contemporaines. Il se produit régulièrement en Suisse et dans le monde. Il enseigne en outre l’histoire de l’art à l’Ecole Cantonale d’Art de Lausanne (ECAL). Romancier, il publie aux éditions de l’Age d’Homme ainsi qu’à BSN Press. En privé, il est très drôle.
AURÉLIE NETZ
Aurélie Netz est anthropologue, spécialisée dans la spiritualité contemporaine. Autrice de quatre livres, elle enquête sur la manière dont les personnes qu’elle rencontre construisent leur trajectoire religieuse. Elle explore comment la créativité spirituelle s’incarne par des rituels et des pratiques et transforme l’identité. Elle travaille comme accompagnante spirituelle auprès des jeunes placés (EERV), est chroniqueuse au journal Réformés et formatrice pour Cèdres formation.
BERTRAND KIEFER
Bertrand Kiefer est un médecin, théologien et éthicien suisse. Il est rédacteur en chef de la Revue médicale suisse. Bertrand Kiefer est membre du Comité consultatif suisse d’éthique biomédicale. En mai 2025, l’Université de Lausanne lui a décerné un doctorat honoris causa.
JEAN-MARIE REYNIER
Jean-Marie Reynier est artiste, éditeur et commissaire d’exposition basé à Perroy. Son travail explore la mémoire, la peur, la disparition et l’émergence à travers la photographie. Il expose depuis 1997 en Suisse et à l’international. Il est également directeur et ancien président de la Fondation Bugnon pour l’art. Pirate, il assure mener une vie exemplaire.


