Dix ans déjà !

En 2010, le Conseil Synodal de l’Église Évangélique Réformée du Canton de Vaud lançait un concours de projets en vue de créer à Saint-François, une église ouverte. Le projet « L’esprit sainf – une oasis dans la ville » ayant été choisi, il a été inauguré le 4 octobre 2011.

L’esprit sainf poursuit deux axes qui lui servent de cap, l’un spirituel se décline dans la permanence et la régularité, alors que le second, le dialogue entre la théologie et la culture contemporaine se vit au gré de grands projets biennaux.

Au nom du Conseil qui accompagne et veille à l’esprit sainf, j’exprime ma reconnaissance pour tout ce qui a pu se vivre et se vivra encore à Saint-François ainsi qu’à tous ceux et celles qui ont voulu ce projet, qui ont participé à son développement en s’y engageant, ou qui par leur confiance ont contribué à ce qu’il est devenu aujourd’hui.

Le Conseil de l’esprit sainf a souhaité prendre le temps de fêter cet anniversaire par un programme qui témoigne de sa raison d’être.

Claude Champion, président du Conseil de l’esprit sainf

Généalogie

En visitant l’église Saint-François pour m’en imprégner avant de déposer le projet de l’esprit sainf, j’ai été frappé par l’austérité de cette église massive traversée par le brouhaha des bus voisins et des bruits incessants de la circulation. J’aimais que cette église soit poreuse à la rumeur de la ville. C’était une évidence : il fallait inscrire dans cette effervescence une vie spirituelle régulière, lointain hommage à la vie franciscaine et à ce lieu qui avait accueilli la première prédication réformée à Lausanne. Un jour, alors que je m’étais arrêté dans l’église, j’ai été témoin d’une étrange apparition. Assis dans la chapelle de Billens, j’ai vu – comme je vous vois – Ramuz, Stravinski et Ansermet, tout rayonnants de lumière dans un vitrail de Cingria. De cette rencontre insolite est née l’intuition d’ouvrir l’esprit sainf au dialogue entre la théologie et la culture et de donner en ce lieu, la parole à des artistes pour qu’ils nous étonnent, nous déplacent. C’est pourquoi les visiteurs de Saint-François ont eu l’occasion d’y croiser Yuri Gagarine tout sourire, que François Burland avait placé dans une de ses gravures et qui observait d’un regard oblique l’enfant Jésus dans la crèche. Si vous le cherchez, vous y rencontrerez aussi le Christâne, l’ultime et tendre sculpture du regretté Nikola Zaric. Un été, Rudy Decelière installait une ronde de feuilles de magnolia séchées qui fascinait les visiteurs en quête d’un fin silence. Puis ce fut le choc des 95 échelles de bois brûlé par lesquelles Sandrine Pelletier évoquait la brûlure de la Réforme. Tout récemment encore, l’intrigante installation PARABOLES ulx-56834 du collectif Fragmentin.

L’esprit sainf, c’est tout cela : du silence et du bruit ; des rencontres insolites, des artistes en confiance, de la musique, des cultes, des prières du soir : la vie. J’ai toujours pensé que le plus important dans une église ouverte n’était pas tant d’y entrer que d’en ressortir surpris, questionné, nourri et même parfois embarrassé. De l’esprit sainf, je crois bien que j’en suis le premier étonné.

 

Jean-François Ramelet, pasteur responsable de l’esprit sainf

Découvrez les événements programmés pour les 10 ans de l’Esprit Sainf

Une exposition,

des cultes musicaux,

un défilé de mode inclusive,

un concert !

 

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