L’orgue de choeur

Instrument de style vénitien,
Formentelli (1990) / Tricoteaux (2008)

 

En 1990, à l’ouverture du Conservatoire de Lausanne dans les nouveaux locaux de la rue de la Grotte, trois instruments de type ancien y ont été installés : un français à trois claviers, un allemand à deux claviers et un italien à un clavier, avec des jeux coupés en basse et dessus. Ce dernier instrument a vécu depuis lors plusieurs déplacements : Placé tout d’abord dans la salle de concert du Conservatoire – il a du reste alors servi, durant les travaux de restauration de l’église Saint-François de 1990 à 1995, à l’accompagnement des cultes paroissiaux déplacés dans cette salle – il a ensuite été installé dans un studio d’exercice du Conservatoire, avant de trouver sa place actuelle en 2008, dans le choeur de l’église Saint-François.

Son déplacement dans cette église en qualité d’orgue de chœur – rendu possible grâce à son rachat par l’association des Amis de Saint-François – est une aubaine, tant du point de vue de l’usage liturgie, que pour faire du continuo, le jouer en solo, ou y donner des cours. Ce déplacement a nécessité une réharmonisation complète de l’instrument – pour l’adapter à son nouvel espace – réalisée magistralement par le célèbre organier Jean-Marie Tricoteaux.

Malgré sa composition et ses timbres caractéristiques des instruments vénitiens, cet instrument est actuellement appelé à servir des répertoires anciens divers. Il a donc été jugé intéressant de l’accorder suivant le tempérament « Bach-Jobin », reconstitué par Emile Jobin et une équipe de recherche du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris suite aux recherches du musicologue Bradley Lehmann. Ce tempérament présente en effet un bel équilibre pour le cas présent: suffisamment prononcé pour offrir à chaque tonalité sa propre saveur, et suffisamment doux pour permettre de s’aventurer dans chaque tonalité, voire même de dialoguer avec le grand orgue, les diapasons étant identiques entre les deux instruments (la à 440 hz).

Muni d’un unique clavier comme dit précédemment, une grande partie des registres sont « coupés » au milieu, entre do et do dièse, ce qui permet un choix de jeux différents entre chaque main. Le pédalier est en tirasse permanente et ne comporte pas de jeu propre. Une place supplémentaire sur le sommier est en outre aménagée à l’arrière du buffet, permettant d’accueillir un jeu de plus, le moment venu…

La composition
Principal 8’ (basse, tuyaux bouchés Do-Sol#)

Ottava 4’ (basse)

Quintadecima 2’ (jeu complet)

Decimanona 1’1/3 (jeu complet)

Vigesimaseconda 1’ (jeu complet)

Flauto in duodecima 2’2/3 (basse)

Tromboncini 8’ (basse)

Principal 8’ (dessus)

Ottava 4’ (dessus)

Flauto in ottava 4’ (dessus)

Flauto in duodecima 2’2/3 (dessus)

Cornetino (dessus)

Voce umana 8’ (dessus)

Tromboncini 8’ (dessus)

(disposition telle qu’à la console)

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES

Clavier Do-fa3 (sans premier Do#)

Coupure ente do1 et do#1

Pédalier en tirasse Do-fa1 (sans premier Do#)

Pression d’environ 50mm, favorisant la douceur des timbres